Jeu vidéo · 06.10.2026

Wolverine : les griffes ne suffisent pas

Spectaculaire, violent et techniquement impressionnant, Wolverine peine pourtant à faire exister autre chose que son héros.

Wolverine : les griffes ne suffisent pas

Il y avait pourtant de quoi être enthousiaste. Wolverine est probablement l’un des personnages Marvel qui se prête le mieux au jeu vidéo : brutal, mobile, immédiatement identifiable, doté d’un pouvoir suffisamment simple pour ne pas exiger vingt minutes d’explications.

Le problème est précisément que le jeu semble trop conscient de cette évidence.

Tout fonctionne. Les combats sont fluides, les animations spectaculaires, les impacts satisfaisants. Logan traverse les ennemis avec une violence que les précédentes adaptations de super-héros avaient rarement assumée à ce point. Techniquement, la démonstration est impeccable.

Mais très vite, une question embarrassante apparaît : que reste-t-il lorsque l’on retire les griffes ?

Pas grand-chose.

Les environnements sont beaux sans être particulièrement mémorables. L’exploration donne constamment l’impression d’être tolérée plutôt qu’encouragée. Les séquences narratives, très travaillées, enferment régulièrement le joueur dans un rythme qui ne lui appartient plus.

On retrouve ici une maladie fréquente du blockbuster contemporain : la volonté de produire en permanence une expérience « cinématographique » finit paradoxalement par rendre le jeu moins vivant. Chaque scène semble déjà montée, chaque émotion déjà soulignée, chaque spectaculaire soigneusement programmé.

Wolverine lui-même résiste un peu mieux à cette mécanique. Sa brutalité, son irritation constante, son rapport presque animal au combat donnent parfois au jeu une énergie véritable. Mais même cette sauvagerie finit par devenir une routine.

C’est peut-être le défaut principal du jeu : il ne transforme jamais vraiment son personnage en système. Il utilise Wolverine comme une esthétique, beaucoup moins comme une manière particulière d’habiter le monde.

On avance, on combat, on regarde, on recommence.

Ce n’est pas mauvais. C’est même régulièrement impressionnant. Mais pour un personnage aussi sauvage, Wolverine est un jeu étonnamment sage.

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